Les pathologies et leurs préventions.

Je vous invite a consulter l'ouvrage de Jacques FAIVRE à l'adresse suivante (à la page 50),Bouvreuils, chardonnerets et autres passereaux européens Jacques FAIVRE-Phillippe ROCHER, dans la suite je ne reprendrais que les principaux titres.

Les pathologies.

Les symptômes.

On pourrait dire le symptôme, car l'oiseau en mauvaise forme présente, de prime abord, la même attitude quelle qu'en soit la cause : plumage relâché, manque d'activité, somnolence. C'est en quelque sorte le signal à partir duquel une prise en main permettra un début de diagnostic.

Les maladies d'origine infectieuse.

Les maladies virales.

- Les grippes aviaires : Elles affectent les voies respiratoires,

- Les paramyxoviroses peuvent se manifester sous plusieurs formes (viscérale, pulmonaire ou cérébrale),

- La variole aviaire : elle affecte le système pulmonaire dans sa manifestation la plus grave, et peut provoquer l'apparition de pustules au niveau cutané,

- La proventiculite : elle touche essentiellement le proventricule, et parfois le gésier. Ces maladies sont quasi impossibles à soigner, car les virus sont résistants à la plupart des médicaments, et en particulier aux antibiotiques. Le seul antidote est le vaccin lorsqu'il existe. Les deux premières sont considérées comme des zoonoses, et peuvent donc se transmettre à l'homme.

Les maladies bactériennes.

Elles sont nombreuses, et trois d'entre sévissent souvent dans nos élevages.

- La colibacillose, due à \textit{Escherichia coli}. Les colibacilles, normalement présents dans la flore intestinale, peuvent devenir pathogènes lorsqu'ils prolifèrent anarchiquement. Elle passe pour être responsable de la mortalité juvénile qui cause parfois des ravages dans nos élevages.

- La salmonellose : cette zoonose est une affection grave, presque toujours mortelle, et souvent due au manque d'hygiène. Elle existe sous forme aigue ou sous forme chronique.

- La yersiniose, également dénommée pseudo-tuberculose, est une zoonose très contagieuse, à évolution rapide, et à fort taux de mortalité. Elle est souvent le fait d'aliments souillés ou de matériel malpropre, mais peut aussi être véhiculée par des parasites. Elle agit au niveau des viscères, principalement du foie. Les antibiotiques peuvent être efficaces, à condition d'être administrés immédiatement.

Les maladies parasitaires.

- Les poux : sous ce vocable, impropre du reste, le jargon avicole désigne des arthropodes pouvant causer de sérieux dégâts, Le plus nocif,

- le " pou rouge " est un acarien noctambule qui se nourrit du sang des oiseaux. Réfugié le jour dans les joints des cages, les fentes des perchoirs ou le rembourrage des nids, il se gave de sang dès la nuit tombée. Il peut être à l'origine d'anémie chez les oiseaux adultes, mais c'est un véritable fléau pour les jeunes au nid qu'il vide littéralement de leur substance. On remarque sa présence à la couleur de peau des poussins: rose à l'état normal, livide et jaunâtre chez les sujets affectés. Il peut en outre véhiculer des germes nocifs. Il se multiplie très vite: il suffit d'introduire dans l'élevage un oiseau parasité pour contaminer toute l'installation,

- Les " poux gris " sont des arthropodes qui se nourrissent de débris de peau et de plume. Ils occasionnent parfois des dégâts au plumage, notamment aux rémiges et aux rectrices. Ils vivent en permanence sur le corps de l'oiseau, et peuvent, par leur incessante activité, perturber son comportement. En cas d'infestation, un traitement insecticide s'impose, à la condition de veiller à ce que le produit utilisé ne soit pas nocif pour les oiseaux,

- La gale : elle aussi est provoquée par des acariens, qui s'attaquent en général aux pattes et au bec, en provoquant des cro\^utes blanch\^atres, assez friables, et qui, à la longue, nécrosent les tissus. On préconise des applications d'huile de cade,

- La teigne : elle résulte de l'implantation de champignons qui dégradent le plumage. On peut badigeonner les zones touchées avec une solution iodée. Dans tous les cas, le matériel sera soigneusement désinfecté.

Les parasites internes.

Ils sont d'autant plus dangereux que leur installation est lente et progressive. Certains peuvent rester latents, et passer totalement inaperçus, pour se manifester lorsque le terrain leur est favorable. Lorsque les symptômes apparaissent, les chances de guérison sont minimes. Ils sont essentiellement dus à des acariens, des mycoses, des protozoaires ou des vers, infestant principalement les voies respiratoires ou digestives.

- Les acariens : Leur manifestation la plus connue est l'acariose, que l'on appelait jadis asthme. Elle se traduit par des difficultés respiratoires et des efforts de l'oiseau pour expectorer, et peut aller à l'asphyxie. Le traitement consiste à administrer un insecticide non toxique assimilable par voie sanguine,(IVOMEC).

- Les mycoses : Les plus fréquentes sont l'aspergillose et la candidose (appelée muguet). La première affecte les voies respiratoires, la seconde l'appareil digestif. Les traitements s'avèrent peu efficaces. L'hygiène et la qualité de l'alimentation semblent le meilleur moyen de les prévenir,

- Les protozoaires : Ces micro-organismes peuvent causer de sérieux dégâts lorsque le milieu leur est favorable, comme par exemple une atmosphère humide. Une dizaine de formes peut concerner les passereaux, et parmi elles,

- la toxoplasmose, qui touche l'ensemble de l'organisme.

- La trichomonose et la coccidiose infestent les voies digestives. Cette dernière a été longtemps considérée comme la cause essentielle de mortalité lors de la mue juvénile chez plusieurs espèces, et notamment les verdiers. En fait, il semble bien qu'un autre protozoaire, responsable de la lankesterellose, parasite du sang, en partage largement la responsabilité. Les symptômes sont similaires (amaigrissement rapide, abdomen congestionné) ne permettent pas un diagnostic précis, d'autant que la mort survient généralement en quelques jours. La prévention est donc recommandée en cas de risque.

- Les vers : Redoutables, ils s'installent sournoisement. Les ascaris, capillaires et ténias infestent le système digestif, les capillaires se logent dans l'appareil respiratoire, essentiellement la trachée. Le cycle de transmission est connu: le sujet contaminé rejette dans ses fientes des oeufs émis par les parasites qu'il héberge. Ces oeufs restent latents, au sol ou dans la nourriture, jusqu'à leur absorption par un commensal, dans l'intestin duquel ils éclosent et se développent. L'encombrement peut provoquer l'occlusion, voire la perforation intestinale. Si le mal est curable chez les oiseaux de grande taille, les petits passereaux, eux, y résistent rarement, l'évolution étant trop avancée lorsqu'il devient décelable. La vigilance est donc de mise. Des sols fréquemment nettoyés et désinfectés, la nourriture et la boisson quotidiennement renouvelées, sont des précautions élémentaires. On verra plus loin qu'il existe des traitements vermifuges préventifs.

Les affections d'origine alimentaire.

Elles sont dues à des régimes inadaptés, ou à des nourritures de mauvaise qualité.

En captivité, son alimentation dépend essentiellement de l'éleveur. S'il a le choix, l'oiseau consommera en priorité, et sans modération, ce qu'il apprécie le plus.

Une nourriture trop riche ou mal dosée est source de troubles à plus ou moins long terme, le moindre mal étant l'obésité, qui peut toutefois nuire à la reproduction.

A contrario, un régime incomplet ou trop chichement distribué entraînera des carences à divers niveaux : rachitisme, développement musculaire, troubles nerveux et comportementaux, dééfenses immunitaires, fonctions reproductrices, mues intempestives Autant de faiblesses qui ouvriront la porte à d'autres affections.

Attention aussi aux ruptures de régime.

Un changement trop radical peut avoir de sérieuses répercussions. L'adaptation à une diététique nouvelle doit se faire très progressivement.

Les traumatismes.

Ils résultent le plus souvent d'accidents: fractures, plaies, contusions externes ou internes, etc.

Une soigneuse désinfection, et l'application d'un produit cautérisant sur les plaies permettront d'espérer une guérison.

Une fracture alaire. Pourra être réduite en mobilisant l'aile en position repliée le long du corps.

Les fractures ouvertes : Sont source d'infection, ou de nécrose des tissus.

La prophylaxie.

La pharmacopée vétérinaire propose une gamme importante et très élaborée. Les soins se pratiquent à deux niveaux: le préventif et le curatif.

La prophylaxie préventive. La meilleure des préventions, c'est l'hygiène !

Les sols des installations extérieures seront lavés autant que nécessaire s'ils sont en dur, ou entretenus comme indiqué précédemment s'ils sont en terre meuble.

Les cages, batteries, boxes et volières seront désinfectés au moins deux fois l'an, au printemps et à l'automne, et plus fréquemment s'il le faut. Les accessoires (mangeoires, abreuvoirs, godets, perchoirs) feront l'objet d'un nettoyage hebdomadaire.

L'eau et les nourritures périssables seront renouvelées chaque jour, et les graines au moins un jour sur deux. On préviendra de nombreux désagréments en observant ces simples précautions.

L'antiparasitage : On recommande deux ou trois administrations annuelles, chacune suivie d'un rappel sous 15 jours.

L'antibiothérapie : Cette pratique, qualifiée de " blanchiment ", n'est pas dénuée de risques.

La prophylaxie curative.

Dans le cas d'une affection interne, on pourra administrer un antibiotique à large spectre, complété, si l'on n'a pas pratiqué de prévention, par un antiparasite, en espérant que l'oiseau résistera au choc médicamenteux. Un traitement similaire sera appliqué à ses cohabitants.

S'il s'agit d'un problème diététique, dû souvent à un régime trop riche ou à une rupture nutritive importante.

Pour les affections externes (plaies ou parasitoses), on interviendra beaucoup plus efficacement par l'application de produits antiseptiques, fongicides ou insecticides appropriés.

Le recours au vétérinaire.

Mieux vaut prévenir que guérir. Le médicament miracle n'existe pas.

Mis jour le 19 Janvier 2017.